Duo musical et amoureux formé par Leo Bear Creek, le batteur des formidables Coming Soon, et Vickie Chérie, rencontrée au lycée, The Pirouettes nous avaient attrapé le cœur dès 2014 avec un EP intitulé L’importance des autres, qui nous avait surtout fait croire en leur importance à eux sur la scène musicale française. Poussés par l’énergie de cette nouvelle vague de groupes pop francophones (Bagarre, Paradis, La Femme, Cléa Vincent…), avec lesquels ils partagent « une manière de penser la musique assez similaire », ils remettaient alors les pendules de la chanson française à l’heure, avec leur électro-pop aussi sautillante que romantique et leur fraîcheur désarmante. C’est donc avec beaucoup d’impatience que l’on attendait leur premier LP Carrément Carrément, qui promettait d’être carrément bien et carrément en phase avec son époque.

the pirouettes dancing feet 1

Le temps, il en est beaucoup question sur ce premier album, qui n’hésite pas à se projeter dans le futur pour imaginer l’avenir radieux du groupe (Je nous vois) ou pour retourner voir ce qui se passait en 2016 (2016 (En ce temps-là), Signaux). D’ailleurs, sur le titre Jouer le jeu, Vickie nous l’annonce avec certitude : « J’ai vu l’avenir ». Une fascination pour le futur amusante pour un duo autant influencé par des icônes du passé comme Elli & Jacno. Alors, où les Pirouettes se situent-ils dans l’espace-temps ? « On se situe vraiment dans le présent, en 2016. Mais on est assez fascinés par des groupes comme Elli & Jacno, parce que ce sont des groupes qui sont mythiques, qui ont vraiment marqué leur génération et qui vont rester. Et nous, c’est un peu notre ambition, de marquer notre génération et d’être encore présents dans l’esprit des gens dans le futur », nous explique le couple.
Un œil sur l’avenir, mais les pieds bien ancrés dans le présent donc, le duo nous confirme trouver aussi son inspiration dans les productions hip-hop actuelles : « On est très fans des prods de rap, des instrus très répétitives. Du coup, c’est quelque chose qu’on met dans notre musique ». Pas étonnant alors de retrouver des traces de vocoder sur l’imparable Amoureux ou quelques gimmicks synthétiques sur le très groovy Au bord de l’eau, deux titres qui reflètent la volonté du groupe d’emmener sa musique loin des sentiers battus et d’affirmer sa personnalité avec le plus de sincérité possible : « Même quand notre musique est légère, j’ai l’impression que c’est assez sincère, en fait. Tout le monde a une part de légèreté, nous c’est pareil. On peut être légers, parfois un peu plus profonds, mais toujours sincères. C’est vraiment la règle chez les Pirouettes », souligne Leo. Une ligne de conduite qui permet notamment à des morceaux comme Soleil rare de surpasser tout ce qui se fait actuellement en matière de ballades romantiques.

Cette sincérité se traduit également par une implication totale dans le projet jusque dans ses aspects les moins musicaux, puisque le duo, avec ses grands frères de Coming Soon, a monté son propre label Kidderminster, sur lequel sortent la plupart de leurs projets parallèles : « Ce qui est génial, c’est qu’on décide de tout. Chaque artiste fait vraiment ce qu’il veut pour son groupe. C’est vraiment une famille, on met tous la main à la pâte. Mais ça nous prend énormément de temps par contre, faut pas se le cacher », précise Léo en riant. « C’est assez rassurant en fait de tout gérer », rajoute Vickie, qui s’occupe également de tout l’aspect visuel du groupe – des pochettes à certains clips comme celui de L’escalier -, avec l’objectif d’être en totale cohérence avec leur projet : « On veut surtout faire des visuels marquants et efficaces, à l’image de la musique qu’on fait », analyse l’étudiante aux Arts-Déco. D’où l’importance encore et toujours d’être complètement libres dans ses choix artistiques.

Alors quels sont les projets pour 2017 ? « Notre objectif principal, c’est de tourner, défendre l’album sur scène, peut-être faire des festivals cet été. Et le rêve, ce serait d’aller à l’étranger. On n’est jamais allés en Belgique et là, on a un concert à Bruxelles qui arrive bientôt. On a vraiment hâte, parce qu’on sent que c’est une ville où il y a de l’attente». Au vu de leur premier album impeccable, de leur capital sympathie élevé, de leurs concerts sold out et de leur présence scénique impressionnante, on peut affirmer sans trop s’avancer que les attentes sont loin de se limiter à la capitale belge et que c’est bientôt dans le monde entier qu’on fera des bonds sur les Pirouettes.

La playlist de The Pirouettes :
Solange –  Rise 
Stella Le Page – Bad News Anxiety
Cléa Vincent – Je m’y attendais pas
Usher – No Limit
Sade – Smooth Operator

Rédactrice et photographe: Julia Rivière

Commentaires