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Beirut // No No No

La toute première fois qu’on a entendu parler de Beirut, c’était il y a de ça presque dix ans, sur l’excellent mp3blog Said the gramophone. Le doux titre de Postcards from Italy nous caressait déjà les oreilles, niché dans les playlists embrumées des plus initiés. Bien vite, Zach Condon et sa trompette étaient propulsés vers la lumière et l’admiration de tous (et avec raison) avec leur premier album Gulag Orkestar puis The Rip Tide, qui comptent incontestablement parmi les albums les plus marquants de cette décennie. Alors, voilà, après quatre ans sans nouvelles, quelle hâte de découvrir ce nouvel album, chargé des dernières épreuves personnelles, et existentielles de son attachant et fragile leader. No No No, neuf titres, 29 minutes. Court, mais efficace ? Pas si sûr. On lance la première écoute, le coeur battant, avide de découvrir un nouveau bijou. Le son made in Beirut est toujours aussi reconnaissable, et enchanteur. La voix mélancolique de Zach Condon, cette pop orchestrale qu’il écrit si bien. Mais, les minutes s’écoulent, et on réalise : pas de vagues, pas d’envolée mélodique pleine de cuivres qui vous happe soudainement, au détour d’un refrain, sans prévenir. En realité, cette fois, il faut se laisser peut être plus de temps, laisser sa chance à chacun des titres de laisser apparaître ses nuances, plus subtiles. Le tout paraît pourtant moins grandiose, moins coloré, plus minimaliste, nous laissant malgré tout entrevoir quelques perles, telles que Gibraltar, qui ouvre l’album, ou encore No No No et Fener. Le bonheur de les retrouver est en demi-teinte, mais on a bon espoir que l’ami Zach et ses musiciens transforment l’essai sur scène prochainement, comme ils savent si bien le faire (en concert au Zénith, à Paris le 22 septembre).

Sunthavy

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