Les sorties de la semaine // 06/10/2014 // The Do, Macy Gray, Weezer, Joy, The Barr Brothers

The Do – Shake Shook Shaken 
 
La plus réjouissante surprise de la rentrée est française puisqu’il s’agit du retour en grâce de The Do, avec un troisième album intitulé Shake Shook Shaken. Le duo magique a composé ce petit bijou à l’abri des regards, l’un au fin fond de la Normandie et l’autre terrée dans un studio parisien. Mais c’est pour que le précipité final n’en devienne que plus resplendissant. Cette fois, la guitare et la batterie, les instruments de prédilection de Dan Levy et Olivia Merilahti, ont laissé place à un ordinateur et à un clavier. Une façon de se réinventer et de se surprendre pour laisser toute la place à un son futuriste, magnifié par la voix de plus en plus magistrale d’Olivia. Des secousses, Shake Shook Shaken nous en procure par centaines au fil des chansons. Depuis l’ouverture ludique avec Keep Your Lips Sealed, suivie de la jolie Trustful Hands et de la mystique Miracles, à l’urgente Despair, Hangover & Extasy, en passant par la planante Lick My Wounds et la très poignante Mess Like This. The Do n’a jamais été aussi beau. Mais c’est en concert que le duo fait véritablement des miracles, que leurs morceaux s’animent et prennent toute leur dimension épique. 10/10


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Macy Gray – The Way 
 
Avec le début du mois d’octobre, nous est parvenue une petite merveille des Etats Unis : le huitième album de Macy Gray, The Way. Un album en forme de déclaration d’indépendance qui magnifie la voix si profonde et tout en relief de Macy, avec des morceaux éclectiques et d’une très grande qualité musicale. Bang Bang affirme le côté rock de la chanteuse, Hands, sa joie de vivre inébranlable et I Miss The Sex, sa sensualité, tandis que Queen of the Big Hunt la voit onduler sur des variations jazzy. Cet album, si personnel, que Macy a écrit dans l’optique de refléter ce qu’elle est devenue en tant que femme, mère et artiste, ne peut que faire écho chez celui ou celle qui l’écoute tant sa diversité ressemble aux émotions que chacun peut éprouver au cours de sa vie. 8/10 

 
Weezer – Everything Will Be Alright In The End
 
Cela faisait quatre ans qu’on attendait le retour des Américains. Une éternité, au vu du rythme prolifique auquel le groupe nous avait habitués (trois albums entre 2008 et 2010). Ce neuvième album, le troisième à être produit par Ric Ocasek (le Blue album en 1994, et le Green album en 2001), se divise en trois thèmes, d’après le leader Rivers Cuomo: sa relation avec les autres, avec les femmes et enfin celle avec son père. Si les mélodies sont moins popisante, c’est une volonté assumée de la bande de Los Angeles. Avec un artwork aussi poétique et un nom aussi positif et intrigant, on était en droit de s’attendre à une énième bombe. Malheureusement, seul Back To The Shack, aux riffs et aux rimes efficaces, et pour lequel le groupe explique avoir voulu revenir à ses racines, nous donne envie de pogotter. L’album s’essoufle un peu vite, et l’on se prend même à se demander si après 22 années au compteur, Eulogy For A Rock Band, réflexion sur la fin de la carrière d’un groupe de rock, ne serait pas un mauvais présage. 6/10
 
Joy – All TheBattles
 
Sept ans après la dissolution de Venus, Marc Huyghens est de retour. Accompagné de Françoise Vidick (chant, percussions) et de Katel (guitare, basse, chant), l’auteur de Beautiful Days revient au sein de Joy. Pour ce second effort, le groupe a travaillé avec  John Parish (PJ Harvey, Eels)et John Dent (Radiohead, Goldfrapp). Enregistré « entre océan et campagne », All The Battles, pétri de riffs incisifs, met les relations humaines au centre de ses préoccupations. L’album mêle douces ballades aux voix qui se font écho, comme sur My Own Little Hell ou Golden Gun et morceaux plus nerveux, à l’instar de l’excellent Sunday and I. Une succession de tubes en puissance(All The BattlesDNA) servie par trois voix aussi riches que différentes. 8/10


 
The Barr Brothers – Sleeping Operator
 
Après un premier album en 2011 et une tournée au cours de laquelle ils ont partagé la scène avec The National, The Barr Brothers sont de retour avec un second album. Enregistré et mixé à Montréal et à Los Angeles par Ryan Freeland (Bonnie Raitt, Aimee Mann, Ray Lamontagne), Sleeping Operator est un recueil de mélodies aux textes profonds, mêlant guitares romantiques (Love Ain’t Enough, Please Let Me Let It Go) et morceaux aux accents jazzy (Even The Darkness Has Arms, qui s’interroge sur la notion de bien, de mal et le doute).  Les Canadiens délivrent également ici un folk aux influences sud-africaines (la délicate Wolves, England). Ainsi, cors français, marimba, tympanon, Pedal Steel et ngoni (instrument à cordes de l’Afrique de l’Ouest) et même un  cardboardium, instrument inventé par un fan, se mêlent aux « classiques » guitare, basse batterie, harpe et piano. La poétique petite bande vient de commencer sa tournée française et jouera à Paris le 21 octobre à la Flèche d’Or. Vous n’avez donc aucune excuse pour passer à côté de cette talentueuse fratrie. 9/10
 
Rédactrices: Kirana Chesnel et Aurélie Tournois

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