Au début du mois se tenait la 4e édition du Winter Camp Festival, à Paris ainsi que dans 7 autres villes, un peu partout en France. Il n’ pas dérogé à la règle cette année concernant ses audacieuses programmations, et on a eu la chance de pouvoir en profiter au cours de deux belles soirées.

Mercredi 9 décembre: Un des premiers concerts du festival se tenait dans la capitale dans notre chère salle du Point Ephémère. Le canal de l’Ourcq reflétait les lumières extérieures de la salle et du bar attenant, et on a salué en arrivant quelques pompiers de la caserne d’à côté. C’est Adrien Soleiman qui ouvre le bal. Un court set d’une pop fraîche, aux influences franco-françaises certaines, non sans charme globalement et bien servi par son look de pirate mélancolique. Un concert un peu inégal, mais des instants de joliesse, comme pour le titre Rue des Etoiles.

Le Colisée entre en scène par la suite, soit cinq sympathiques copains de Belgique, ayant entre autre déjà tourné avec François and the Atlas Mountains, BRNS ou encore Fauve. Ambiance décontractée et survoltée, autour du chanteur David Nzeyimana, monté sur ressorts. Officiant plutôt seul d’habitude, il nous présente cette fois avec son joyeux groupe, ses compositions pop écrites en français, et tout en couleurs.
Enfin, (enfin !) le très attendu Barbarossa arrive, nous inondant bien vite de sa classe anglaise, et de cette présence magnétique. Son excellent 2e album Imager confirme bien ce qu’on pensait de lui pour Bloodlines : une écriture fine, signée d’une sensualité vocale, et d’une électro pop et folk indéniablement mystérieuse et envoûtante. On a le plaisir de réentendre le fameux The Load qui avait été le titre clé de son premier album, mais les nouveaux titres sont loin d’être en reste : Human Feel, Nevada, Dark Hopes, et Imager sont déjà repris en choeur par le public.

Vendredi 11 décembre: Quel bonheur d’être à la Gaîté Lyrique, salle à présent incontournable des nouvelles scènes musicales et électroniques. Une programmation ce soir très pointue avec trois artistes aux univers bien distincts. Pain Noir arrive d’abord sur scène, tout juste sorti du train, légèrement anxieux d’arriver si juste pour son set, et légèrement cynique : « je ne sais pas si c’était une si bonne idée finalement de garder mon autre travail ». Allez, on oublie vite cette arrivée en trombe, et on est vite portés par ces douces mélodies, et cette guitare qui souligne la force de ses textes soignés.

L’Islandais Jùnius Meyvant, ainsi que toute sa bande (dont ses deux petits frères) débarquent tous en gros pulls, cols roulés et barbes affriolantes. Contrastant avec leurs origines, c’est un set chaleureux, tout en couleurs et en pointes d’humour qui s’entame sous nos yeux et nos oreilles ravies. Et on a le plaisir de pouvoir découvrir en live ses titres les plus forts dont Haillside et Colors decay.

Après le Grand Nord, c’est l’Amérique qui vient à nous, et le grand Howe Gelb de Giant Sand, tout en attirail de cow boy, accompagné de ses musiciens venus tout droit de Tucson, Arizona. Il était chez lui ce soir, et a ravi ses plus grands fans dans la salle. Du rock comme on l’aime, terriblement bien ficelé, et des musiciens hors pair. Que demander de plus ? Il terminera le set en famille, en laissant chanter ses deux guitaristes tour à tour des compositions de leurs groupes respectifs, ainsi que sa propre fille, et en dédicaçant cette fin de set à la nouvelle génération à venir.

Soit, un voyage musical à nouveau mémorable grâce au Winter camp festival !

Sunthavy // Photo: DR

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