Requin Chagrin : «Sémaphore sera mélancolique et parlera de voyage»

Alors que Sémaphore, le nouvel album de Requin Chagrin, sortira le 25 janvier chez KMS disques (label de Nicola Sirkis), nous avons rencontré Marion Brunetto, chanteuse et multi-instrumentiste du groupe, pour une interview. Elle nous a parlé de l’évolution de sa musique depuis son premier groupe Les Guillotines jusqu’à la genèse de cet album à venir.

requin chagrin dancing feet

Tu es d’abord passée par le rock garage avec ton groupe Les Guillotines. Maintenant, avec Requin Chagrin, tu fais une pop chantée en français avec des touches de garage et de surf.  Comment s’est faite cette évolution ?

Requin Chagrin : Avec Les Guillotines, j’ai découvert pas mal d’autres groupes que je ne connaissais pas, qui étaient plus garage, un peu dans ce style-là. Ils sont venus s’ajouter à mes influences précédentes, qui étaient davantage new wave. Ça m’a motivée. A un moment je me suis dit : j’ai vraiment envie de faire des chansons et c’est comme ça que j’ai commencé cette espèce de mélange de tout ça chez moi.

Qu’est-ce qui a forgé ta culture musicale et t’a donné l’envie de faire de la musique ?

Requin Chagrin : Quand j’étais petite, j’écoutais pas mal la radio, des trucs plutôt standard. Sinon, j’ai un grand frère qui écoutait pas mal de rock et de musique plutôt intéressantes et m’a fait découvrir autour de mes 10 ans les Cure, Nirvana, les classiques… J’écoutais aussi les disques des parents qui traînaient. Et puis plus tard, quand il y a eu internet, ça a un peu changé la donne. J’avais accès à des web radios, j’écoutais pas mal le Mouv’ qui ne captait pas chez moi, YouTube, les recommandations des copains… Ensuite, je suis arrivée à Paris et j’allais voir pas mal de concerts à la Méca et à la Flèche d’or.

Faire partie de la compilation de La Souterraine, ça a été un vrai coup de pouce ?

Requin Chagrin : Oui, ça a été une belle vitrine car c’était la première parution officielle du titre Adélaïde. Pas mal de gens écoutaient les compiles de La Souterraine et sont du coup tombé sur nous. Ça a été motivant d’avoir quelques retours positifs et puis d’être appelés à faire un premier concert. Ça m’a fait sortir de ma chambre.

Requin Chagrin fait désormais partie de KMS Disques, le nouveau label monté par Nicola Sirkis. Comment s’est faite cette rencontre avec le leader d’Indochine ?

Requin Chagrin : Tout simplement, j’étais au boulot et il m’a écrit sur Twitter : Bonjour, je suis Nicola Sirkis. On s’est appelés quelques jours après, on s’est échangé des mails. Il m’a parlé de son projet de monter un label chez Sony et du coup ça tombait plutôt bien parce que c’était le moment de réfléchir à un deuxième album.  Ça s’est fait d’une manière un peu WTF car on ne s’attend jamais à ce genre de choses !

Vous avec beaucoup tourné avec Indochine, c’est un public dont vous avez l’habitude ?

Requin Chagrin : C’est un public plutôt mélangé, Indochine touche plusieurs générations. Déjà, je ne sais pas combien de personnes ça représente, mais c’est tout un Zénith… Il y avait déjà quelques fans qui nous disaient « j’adore Indochine », car j’avais fait une reprise de leur titre Les Plus Mauvaises Nuits. Quelques fans d’Indochine sont venus nous parler après le concert. C’était chouette, le public était plutôt accueillant et on a de bons souvenirs notamment à Toulouse et Montpellier.

Ta musique, surtout sur Adélaïde, m’a rappelé le groupe Daisybox, qui avait aussi fait une tournée avec Indochine. Ça te parle ?

Requin Chagrin : Ah ! mais je les ai vus ! C’était mon premier concert d’Indochine à Nice en 2002, ça remonte… Je me rappelle vaguement mais j’avais bien aimé. Il y avait une chanson qui passait sur Europe 2 à l’époque et je l’aimais bien.

J’enregistre toujours sur mon enregistreur-cassette chez moi

Peux-tu m’en dire un peu plus sur votre prochain album ? Un thème abordé en particulier ?

Requin Chagrin : Vu que c’est assez frais, je ne sais pas trop exactement, mais il y a un thème qui revient, c’est celui du voyage. C’est toujours un peu mélancolique comme ce qu’on connait déjà mais il y a peut-être un fil conducteur qui va se dessiner autour de ce voyage-là. Je ne vous en dis pas plus, c’est assez vague.

Qu’est-ce qui a évolué pour vous entre le premier album et la genèse de celui-ci ?

Requin Chagrin : Pas mal de choses. J’enregistre toujours sur mon enregistreur-cassette chez moi, donc la méthode est restée plus ou moins la même. Ce qui a changé, c’est le contexte. Au début, je n’avais pas de groupe, je faisais des chansons comme on lancerait une bouteille à la mer. Maintenant, on a un label, des dates de prévues. C’est un contexte un peu différent, il ne faut pas trop se stresser là-dessus, ce qui a été mon cas. C’est assez intense.

Comme j’ai vu que tu avais fait des études de dessin, je suis allée voir ton blog (Hey mama). Tu fais toujours du dessin ? On pourrait imaginer un crossing entre dessin et musique, à l’image de ce que Bastien Vives a fait à la Philharmonie avec Lescop ?

Requin Chagrin : Waouh purée c’est vieux, aïe aïe aïe! Ah ouais ! Je dessine moins qu’avant, comme si j’étais passée à un autre médium. Mais quand je gribouille un peu j’ai toujours le plaisir de dessiner. Et puis pourquoi pas oui, illustrer un peu la musique c’est un truc qui me plairait bien, voire même beaucoup et j’y pense de plus en plus. Mais le truc c’est que c’est hyper chaud, par exemple d’en faire un clip. J’ai des idées mais quand je dessine automatiquement, je fais des trucs qui n’ont aucun sens. J’aime bien l’idée d’animer une musique ou un clip de façon un peu aléatoire, un peu étrange.

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La Playlist de Requin Chagrin :

Moby – Porcelain

John Maus – Maniac

Molly Nilson – Hey Moon

Indochine – Pavillon Rouge

Rémi Parson – La Tristesse

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Propos recueillis par Aurélie Tournois // Photographe : Céline Non

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