Villagers // La Maroquinerie // 25 février 2016

La harpe et la contrebasse étaient de sortie jeudi soir à la Maroquinerie pour accueillir le talentueux groupe irlandais Villagers, combinaison heureuse entre pop indé made Domino Records et folk traditionnelle venue tout droit des terres celtiques qui sont les leurs.

Menée par l’adorable Conor O’Brien (pour les fans de séries, un savant mélange entre George de Grey’s Anatomy et Steve de Shameless), cette bande de gentils troubadours n’a pas son pareil pour créer un espace hors du temps, complètement déconnecté du réel. Une voix douce se pose sur Memoir et nous voilà instantanément téléportés dans un pub à Dublin, où l’on serait venu retrouver quelques amis autour d’une Guinness. Si l’ambiance reste au départ feutrée et l’attention du public proche du recueillement, Conor prend progressivement de l’assurance et, de petites blagues en anecdotes, instaure sans forcer ce rapport amical et direct avec ses auditeurs, ce sentiment cozy qui vous fait vous sentir chez vous.

La virtuosité du groupe tient également à sa capacité à réinventer l’ensemble de son répertoire à l’occasion de chaque nouvelle tournée. A l’image de leur dernier album Darling Arithmetic (Domino, 2015), cette fournée est sans doute la plus folkeuse de toutes, les anciens tubes tels que Earthly Pleasure étant repris en version totalement acoustique. Cela pourrait être un reproche, le set ne « décollant » vraiment que dans son dernier tiers, avec Little Bigot et The Waves, mais la vérité est ailleurs. Sur les deux heures généreuses de concert, c’est tout simplement le temps qu’il fallait à ces elfes musiciens pour s’approprier le lieu et transmettre la bonne énergie. Imposer des rythmiques plus volontaires d’entrée aurait seulement paru brutal et inapproprié. Ce soir, on prend le temps d’apprendre à se connaître et de s’apprivoiser.

Alors certes, avec ce concert, Villagers ne convertira peut-être pas les sceptiques de la folk. Mais pour les conquis d’avance et les amoureux sans condition, ces quelques mélodies partagées les auront fait plonger dans une adaptation grandeur nature du film Once, cette comédie musicale qui trainait son romantisme et ses airs de guitare dans les rues mélancoliques de la capitale irlandaise. La soirée se clôt sur Courage, chanson symbole et tendre au revoir. Pourquoi aurions-nous dû nous presser ce soir ?

Ye Vagabonds

Ye Vagabonds Ye Vagabonds Ye Vagabonds Ye Vagabonds

 

Villagers

Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers Villagers
Rédactrice: Julia Rivière // Photographe: Laurent Besson

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *