La Route du Rock édition 2013

 La Route du Rock édition 2013

Ce week-end, on était à La Route du Rock, afin de découvrir de nouvelles perles indé. Sous un beau soleil quasi-permanent, on a chanté, dansé, bu quelques bières et surtout bien affûté nos oreilles. On vous raconte nos meilleures souvenirs et nos (petites) déceptions. 

L’ambiance la plus festive: 

 

Hot Chip: Un des groupes qu’on attendait le plus. Sur scène, Joe Goddard est hyperactif, tout sourire, et Alexis Taylor, avec sa veste trop grande pour lui et ses lunettes rondes improbables, intrigue par son charisme bluffant. On danse sur tous les morceaux, que l’on découvre bien différents en live des enregistrements studios. C’est sur un I Feel Better totalement jouissif que se termine le set. Jusqu’au bout du Fort de Saint Père, on saute, on danse, l’alcool et l’euphorie de la nuit ajoutée à un sentiment de fin de festival parfait aidants. 

 !!!: « On s’en fout, plus ça emmerde le monde mieux c’est » semble être le leitmotiv des Californiens, qui, très fiers d’eux, s’amusent à l’idée de faire chier les fans de Mickael Jackson en nommant leur dernier effort Thr!!!er. Sur scène, le chanteur Nic Offer se balade en mini-short, en mode rien-à-foutre, et balance ses bras dans une chorée à mi-chemin entre la tecktonik et la macarena sous LSD, suivi par une bonne partie du public. Dans l’espace presse, on entend quelques critiques, évoquant un spectacle « décevant » par rapport aux autres prestations du groupe. Nous, on se demande ce qu’on peut demander de plus.

Zombie Zombie: Pas de chance ! Etienne Jaumet et Cosmic Neman se retrouvent a devoir investir la mini-scène inabordable par plus d’un cinquième des festivaliers. Mais penser que le concert en sera gâché serait mal connaître les compères de Zombie Zombie. Au bout du deuxième morceau (c’est-à dire de 20 minutes), une atmosphère de folie règne dans la fosse, ambiance nuit des mort vivants. On embarque avec eux pour d’autres planètes, en gesticulant furieusement au son de la multitude de synthés et de percussions qui parsèment la scène. 

Les groupes les plus attendus: 


Tame Impala: Depuis quelques mois, nombreux sont les musiciens à citer les Australiens comme référence. Ce qui pourrait paraître étonnant pour un jeune groupe. Soyons honnêtes, on a plutôt l’habitude d’entendre prononcer les noms de David Bowie, Beatles, Pink Floyd ou autres Led Zeppelin quand on commence à parler influences. Cette admiration sans borne pour le jeune Kevin Parker et sa bande me laissait donc assez dubitative et je brûlais d’envie (comme tout le monde, à écouter les conversations des festivaliers), de voir ce que le groupe donnait sur scène. Les premières notes résonnèrent, et la magie opéra. Franchement,même avec la plus mauvaise volonté du monde, on ne peut nier la puissance du son de Tame Impala, onirique et psychédélique à la fois. Comment définissent-ils leur musique déjà?… rock mélodique hypno-groove psychedelique, oui c’est exactement ça! 

Allah-Las: La Route du Rock étant avant tout un festival de découvertes indé, c’est avec joie qu’on a baptisé nos oreilles au son du psyché-surf Californiens. 

Widowspeak: On reste dans les mêmes décennies 60’s-70’s avec le shoegaze onirique du duo new-yorkais. La jolie voix claire de Molly Hamilton s’est transcendée dans sa reprise de Jeff Buckley, enchantant le Fort de Saint-Père.

Junip: Cela fait plaisir de retrouver José Gonzalez, au sein de cette formation suédoise. Tout ici est délicatesse: le nom, l’univers graphique (une biche en fond de scène), et les mélodies délicieuses. A suivre! 

La meilleure énergie: 


Concrete Knives: Les Normands commencent à être connus pour leurs concerts à l’ambiance survoltée : leurs mélodies enjouées sont toujours une bonne occasion de sauter partout. Musicalement, la richesse des compositions les a conduits récemment à se faire accompagner en live un deuxième guitariste au jeu de scène aussi énergique que le leur. Au chant, Morgane, mettant en valeur sa taille de guêpe, minaude et fait remue ses bras, invitant le public à la danse. Une réussite totale !

Bass Drum Of Death: L’espace d’une petite heure, on se retrouve en plein milieu des année 90 à pogoter dans un nuage de fumée en secouant la tête façon Kurt Cobain, comme des kids américains qui assistent à leur premier concert dans le garage d’un pote. Une ambiance attendue mais parfaite.

Les plus intenses: 


Austra: Les cheveux négligemment coiffés avec un chouchou en velours fushia, la chanteuse me rappelle la fille qui pose tout en haut sur ma photo de classe de 1996. Katie Stelmanis appose son chant lyrique si juste sur des mélodies électro rock parfaitement composées. La pureté de sa voix nous scotche complètement. On la contemple se déhanchant délicatement, et l’on atteint la perfection sur Lose it, dans une version plus épurée que sur le disque mais tout aussi puissante. Magnifique. 

Godspeed You! Black Emperor: Le genre de groupe qui laisse perplexe une bonne partie du public de n’importe quel festival, même à la programmation aussi pointue que celui-ci. Pas de chant, des mélodies discrètes et hyper saturées, deux batteries, deux basses, un guitariste qui joue parfois avec un tournevis, quasiment pas d’éclairages et des morceaux de plus de 10 minutes. On s’accroche pour entrer dans leur univers, mais une fois que c’est fait on a beaucoup de mal à redescendre sur terre. 

Suuns: Habitués du festivals et très attendus par pas mal de monde, les Canadiens étaient pourtant réduits à jouer sur la petite scène. Pas de chance pour les retardataires qui n’ont pas réussi à voir quoi que ce soit, mais tant mieux pour les premiers rangs qui ont profité au maximum de l’intensité des nouveaux morceaux.  

Les ovnis:

 

Nick Cave & The Bad Seeds: On les avait déjà vus à Beauregard quelques semaines plus tôt. Si Nick Cave cherchant à tout prix un contact physique avec les premiers rangs, le regard plongé dans les beaux yeux des fans, reste un grand moment d’émotion, on se demande ce que son concert vient faire dans la programmation. Tantôt blues et parfois vraiment dark et lyrique à en pleurer, il nous met tout de même toujours une sacrée bonne claque. 

Clinic: Visuellement flippant: chanter avec un masque de chirurgien c’est original comme idée, mais ça sous-entend de fendre l’artifice en deux afin de pouvoir continuer à chanter correctement. Le résultat : un look monstrueux, au sens premier du terme. Musicalement, certains morceaux sortent du lot et l’ambiance générale est acceptable, mais les mélodies sont souvent trop simples et les morceaux tellement basiques qu’on n’a pas vraiment compris où ils voulaient en venir. 

Efterklang: Si la pop lyrique des Danois ne nous a pas forcément fait beaucoup d’effet, on a bien aimé l’esprit des mecs. Le leader Casper Clausen a fait passer dans la fosse une boite contenant des objets donnés par le public de leur précédent concert en invitant les gens à les prendre puis y déposer des objets à leur tour. Le lendemain, ce seront des suisses qui découvriront leurs secrets. Sympa ! 

Ça manquait un peu d’ambiance


Woods: Totalement sous le charme de Size Meets The Sound, on attendait beaucoup (trop) du quatuor américain. Au bout de quelques morceaux, on prend conscience que l’adrénaline ne montera décidément pas. Les jambes de Jeremy Earl semblent être véritablement soudées au sol. Sur scène, sa jolie voix si fragile résonne comme frêle et fluette. Peut-être est-ce une question de timidité, en tout cas ça manque clairement d’énergie. 

Local Natives: On les avait déjà vus au festival Beauregard cette année, et au Trabendo un peu plus tôt. Si leurs mélodies pop ciselées s’avèrent séduisantes dans des petites salles, le groupe n’est définitivement pas un ambianceur de festival. Trop figés et sans grande fantaisie, les Américains ne retourneront pas le Fort de Saint-Père ce soir.

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Les photos

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 Texte: Aurélie Tournois et Jacques de Rougé // Photos: Jacques de Rougé

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