Rock en Seine 2019 : Le grand bilan

Après une édition 2018 particulièrement compliquée pour le festival (nous, on avait trouvé ça super malgré des têtes d’affiches contestables), Rock en Seine était de retour pour sa 17ème édition les 23, 24 et 25 août 2019 dans le domaine national de St-Cloud. On en a profité pour faire un grand bilan de cet événement mythique, qui a beaucoup évolué ces dernières années, et envers lequel certaines critiques récurrentes nous semblent parfois inappropriées…

Ce qui a changé

Les habitués du festival ne parlent plus que de ça, Rock en Seine a beaucoup évolué ces dernières années. Mais est-ce toujours une mauvaise chose ? Comme la question fait débat, on a essayé de faire une petite liste de ce qui est mieux et moins bien qu’avant.

👎 La scène du Bosquet/Pression Live n’existe plus,
cette zone dans laquelle un nombre incalculable de concerts culte ont eu lieu restera gravé dans la mémoire de tant de festivaliers nostalgiques… Peut-être reviendra-t-elle un jour ?

👎 Les expositions de photos et d’affiches illustrées ont disparu,
et on s’y était attaché, c’était une grande part de l’identité du festival qui misait sur plein d’idées créatives intéressantes. Les belles choses coûtent cher, surtout quand elles ne sont pas sponsorisées par des marques de soda ou des applications de rencontre… 

👎 Cette fichue zone VIP à droite de la grande scène pose problème,
on est nombreux à n’avoir vu les Cure que de très loin cette année, et espérer accéder aux premiers rangs pour voir les têtes d’affiches est devenu un parcours du combattant. On est très content que ces gens aient un espace privilégié, mais si on pouvait voir le concert aussi, ça serait quand même bien. 

👍Les têtes d’affiches sont moins nombreuses, mais les découvertes plus pointues
et ça, c’est une vraie bonne nouvelle ! Certains groupes ont plutôt leur place dans un stade, et la hausse du prix de ces derniers a eu pour avantage d’obliger certains festivals à miser sur la qualité des « petits » noms du line up. Un public plus connaisseur remplace alors les gens qui viennent voir une ou deux têtes d’affiche, et l’ambiance du festival est bien meilleure. Et puis, si vous ne connaissez aucun nom sur l’affiche, c’est que vous ne passez pas assez de temps sur notre site…

👍 La qualité des stands est toujours au top.
Oui, nous aussi, la musique de la zone Coca Cola nous a énervés, mais prenons une vue d’ensemble : entre les cadeaux à gagner dans tous les sens, les zones de chill bien pensées, les blind-tests et les boutiques de fringues et de disques, on est quand même un gros cran au-dessus de la moyenne des festivals français. Mention spéciale au bus Aigle qui a mis le feu avec une programmation électro ultra-qualitative (les sets de Folamour étaient parmi les meilleurs moments du samedi) et un silent disco toujours bienvenu (promis, ils ne nous payent pas pour dire ça. Mais s’ils passent sur notre site on veut bien des bottes, merci).

👍 La diversité et la qualité de la bouffe sur le site a grandement évolué,
et ça change tout ! Au revoir les sandwichs fades et hors de prix, des efforts sérieux ont été faits pour que « casse-croute » ne rime plus avec « déception », et ça se ressent sans pour autant faire pleurer notre portefeuille. Cette année encore, entre le poulet frit coréen, le saumon nordique cuit au feu de bois, le pokebowl hawaïen généreux et la salade césar revisitée version rouleau de printemps. on ne savait plus où donner de la fourchette. 

La phrase qu'on ne veut plus entendre

« Rock En Seine, ils n’ont plus de rock que le nom ! »

« Il est passé où, le rock, dans votre programmation ? »

« Vous êtes devenus Rap En Seine ? »

STOP. 

Cette critique qu’on entend régulièrement depuis des années est doublement fausse. Premièrement, il y a énormément de groupes de rock à chaque édition (pour ne citer que quelques-uns de cette année : The Cure, Foals, Johnny Marr, Two Door Cinema Club, Cannibale, MNNQNS, Royal Blood, Sam Fender, Bring Me The Horizon, We Hate You Please Die, Balthazar, Kitchies, Girl In Red, Mini Mansions, Le Villejuif Underground, The Murder Capital, et PLEIN d’autres…) et deuxièmement le festival a toujours mélangé plein de genres musicaux, depuis ses toutes premières éditions, et Dieu merci ! 

En 2003, on y retrouvait Massive Attack et Morcheeba en tête d’affiche (Trip Hop En Seine ?), en 2004 c’était les Chemical Brothers (Electro En Seine?) et en 2005, Jurassic 5 et Saïan Supa Crew (…vous avez compris l’idée). Pour ceux qui ne supportent pas la musique sans guitare, il y a plein d’autres festivals comme le Download ou le Hellfest, mais ça n’a jamais été l’ambition de Rock En Seine, qui une fois de plus à bien fait de rester ouvert d’esprit et de nous régaler avec un set incroyable d’Aphex Twin en clôture. 

Et nous non plus, on n’est pas forcément fans de PNL ou de Major Lazer, mais il en faut pour tous les goûts et le genre musical n’a absolument rien à faire dans le débat sur la qualité des artistes programmés. 

On peut passer à autre chose maintenant ?

Les meilleurs concerts de cette édition 2019

Notre Top 5 des têtes d’affiches  (les Cure sont hors-catégorie pour des raisons évidentes)

Jorja Smith, un moment d’émotion intense et parfait.
Two Door Cinema Club, qui ont transformé le parc en boîte de nuit disco alors qu’il était à peine l’heure du goûter.
Foals, toujours aussi intense et des kilomètres au-dessus du game. On regrette juste la durée du set un peu courte.
Girl In Red, découverte pour certains, valeur sûre pour d’autres, il était impossible de ne pas adorer ce concert.
Royal Blood, la grosse claque du dimanche qu’on était tous contents de prendre en pleine face.

Notre Top 5 des plus petits noms (mais pas pour longtemps…)

The Murder Capital, un futur grand nom qui se sentait déjà à l’étroit sur la scène Firestone (sur laquelle on pouvait apercevoir le chanteur de Foals, Yannis Philippakis, venu soutenir ses copains) 

Silly Boy Blue, le premier concert du festival et le week-end était déjà magnifique. Si vous faites partie des chanceux qui ont pu savourer ce concert,  allez-donc lire notre interview

We Hate You Please Die,  « Ça, c’est pour ton pote qui poste sur Facebook sur l’esclavage moderne et qui se tape des traces en soirée » lance le chanteur en introduction du morceau Kill Your Buddy. Du vrai rock, des pogos, de la sueur, la perfection.

Le Villejuif Underground, dont la performance avait quelque chose de culte dès les premières minutes (vous pouvez retrouver le concert en entier sur Youtube). On reçoit par intermittence disques lancés depuis la scène et jets d’eau envoyés par les vigiles à renfort de tuyaux d’arrosage. 

Clairo, à peine 21 ans et une musique d’une qualité impressionnante… On ne serait pas étonnés de la retrouver sur une scène bien plus grande prochainement…

Une mention spéciale à Louis Cole Big Band, on aurait pas pu commencer le samedi d’une meilleure manière. Pour l’humour, pour la musique, mais surtout pour ce pantalon…

Big up à Mauvais Oeil pour lesquels pas mal de spectateurs avertis ont sacrifiés le set de Royal Blood et dont on attend avec impatience le 1er Ep intitulé Nuits de velours pour le 20 septembre. (Notre focus sur le groupe par ici)

Comme beaucoup, on est restés perplexes devant le gigantesque show de Major Lazer, de la musique pour camping avec le budget de l’Eurovision. C’était à la fois horrible et très drôle, donc plutôt positif quelque part.

On a adoré plein d’autres concerts, on a eu quelques déceptions, mais on est globalement repartis avec l’idée que Rock En Seine est toujours un rendez-vous unique, auquel on reviendra sans hésiter, et qu’on n’est pas près de remplacer par les nouveaux formats américains venus envahir le paysage des festivals français. 

Pour l’an prochain, on espère des têtes d’affiches rares en festival comme en radio mainstream, des découvertes toujours aussi qualitatives, un site toujours plus travaillé et si possible, quelques espaces créatifs non-sponsorisés et un visuel d’affiche qui a de la gueule pour redonner à notre festival parisien préféré l’image qui a toujours été la sienne. 

On attend vos palmarès de cette édition et on vous laisse avec quelques photos souvenir.

Texte & photos : @19lapins

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