John Beauregard : La meilleure prog de l’été ?

La dernière édition du festival Beauregard avait lieu du 4 au 7 juillet 2019 à Hérouville-Saint-Clair, en Normandie. Alors même que l’été n’est pas terminé, on serait tentés de le considérer comme le gagnant des programmations de 2019. Avant de crier au scandale, analysons ensemble cet enchaînement gagnant qui a brassé tous les styles et toutes les générations pour un sans-faute mémorable.

Le groupe qui ouvre les hostilités à Beauregard le jeudi 4 juillet n’est pas une formation de débutants maladroits justifiant sa présence par le mot magique de « découverte », mais les excellents MNNQNS. Une valeur sûre.

Sans transition, le rappeur Gringe est venu défendre son premier album solo devant un public très jeune qui connait déjà tous les titres par cœur, comme des classiques.

Toutes les générations du festival attendent au moins un titre d’Angèle, judicieusement programmée en fin d’après-midi pour que l’ambiance ne redescende pas avant la nuit.

Dans la série des enchaînements les plus improbables, je demande Limp Bizkit, qui nous offre un concert « ambiance camping » d’un mauvais goût assumé, entre discours absurdes et reprises ultra cliché : Seven Nation ArmySmells Like Teen Spirit, Jump Around et j’en passe. On rigole bien, mais heureusement que Gossip est là pour enchaîner et nous rappeler que le rock demeure autre chose qu’une grosse blague potache.

Pour terminer avec éclectisme cette première journée à Beauregard, qui d’autre que monsieur Fatboy Slim pour mettre tout le monde d’accord ? Le patron ne cède pas à l’enchaînement de tubes faciles, mais partage plutôt sa folle énergie avec la foule qui n’a clairement plus du tout envie d’aller se coucher. Pas mal, pour un jeudi soir.

La découverte du vendredi sera We Hate You Please Die, une claque des plus appréciables qui nous donne envie de retourner les voir très vite.

C’est au tour de l’ovni Fantastic Negrito de monter sur scène. Peu de gens acceptent d’y croire, mais les après-midis ensoleillés existent en Normandie et ce concert en est la bande-son parfaite.

Un petit détours par la Belgique avec Tamino et sa pop touchée par la grâce…

… et le rock de Balthazar, également dans ce qui se fait de mieux chez nos voisins du plat pays.

On est heureux de retrouver Talisco, venu remplacer Snow Patrol à la dernière minute. Son énergie sans limite parvient à nous convaincre qu’on a gagné au change !

Ça fait beaucoup de rock pour une même journée à Beauregard et il est l’heure de remplir le quota de « musiques urbaines ». C’est Lomepal qui s’en occupe pour les plus jeunes…

… et les vétérans de NTM pour les plus anciens. Inutile de préciser que les deux groupes brassent en réalité bien plus large que leur public habituel et que beaucoup se laissent surprendre par la qualité des concerts de groupes qu’ils ne seraient jamais allés voir par eux-mêmes. C’est aussi ça, la magie de John Beauregard.

On est déjà samedi ! Et c’est le boulot de Beach Youth de nous réveiller en douceur avec leur indie rock qui sent bon l’été. Ça serait une de nos découvertes de la prog si on ne les suivait pas déjà avec attention depuis un petit moment… D’ailleurs vous les retrouverez bientôt en interview sur ce site, stay tuned !

La très attendue Clara Luciani vient lancer ses grenades pop sur la foule déjà bouillante, il n’est que l’heure du goûter mais la fête est bien entamée.

Débarquent alors Idles qui, comme à leur habitude, ne font pas dans la dentelle. Pas besoin de préliminaires pour l’un des publics les plus éclectiques de France.

Après avoir passé un moment plus chill au son de Flavien Berger, on voit débarquer Columbine qui déclenche une crise d’hystérie chez tous les moins de 20 ans. On n’est pas convaincus, mais il en faut pour tous les goûts.

Enchaînement parfait avec un Roméo Elvis en pleine forme, qui continue de faire pogoter les plus énervés, toujours avec la dégaine du gars trop cool, les pieds sur terre, avec qui tu te verrais bien devenir pote. Du rap français qui ne se prend pas (trop) au sérieux ? On est toujours clients.

On profite de Ben Harper pour aller manger quelque chose (on ne peut pas tout voir), et c’est l’heure de Mac DeMarco, qui lui non plus ne se prend toujours pas au sérieux. Pas de gros scandale cette fois-ci, juste un enchaînement de bons morceaux qui font plaisir. Thanks, Mac.

C’est le grand retour à Beauregard des vétérans de The Hives ! On ne compte plus le nombre de fois où on les a vus, mais c’est toujours un plaisir. Les plus motivés enchaînent avec le post rock sublime de Mogwai et l’electro pointue de Modeselektor jusqu’à tard dans la nuit.

Pas de grasse matinée le dimanche : hors de question de rater Rendez-Vous ! Le post-punk des Français nous plonge dans un état de surexcitation dès le début de la journée et c’est parfait pour nous.

Changement d’ambiance radical avec les compositions minimalistes et mélancoliques de Bror Gunnar Jansson. Pour tous les goûts, on vous dit !

Jeanne Added s’occupe de faire remonter la température avec un set impeccable qui prend toujours autant aux tripes. Il y a quelques années, elle ouvrait le festival, cette fois-ci on est en début de soirée, et on n’a aucun doute sur le fait de la retrouver en tête d’affiche très bientôt…

La mystérieuse Cat Power arrive tranquillement sur la scène, un sourire aux lèvres et un bâtonnet d’encens à la main. Ses compositions minimalistes intriguent et fascinent le public curieux, qui s’empresse ensuite d’aller écouter les immortels Tears For Fears avec leur set « Best Of » qui nous rappelle à quel point ils sont bien plus que la B.O. de Donnie Darko.

C’est bientôt la fin ! Interpol s’occupe de nous enchanter une dernière fois avec sa sobriété scénique habituelle, et il ne reste plus aux Anglais de Disclosure qu’à venir nous faire passer un dernier moment d’hystérie collective avec un dj set parfait, mélange de leurs tubes et collaborations avec plein de classiques électro de tous styles confondus.

En 4 jours, dans le cadre toujours idéal du parc du château de Beauregard, les festivaliers ont eu droit à tous les genres musicaux imaginables sur deux scènes seulement (donc avec la possibilité de ne rater aucun concert), le tout avec la gastronomie normande à chaque coin du festival et à moins d’une heure de la plage en voiture. On sait bien qu’on ne peut pas mettre tout le monde d’accord avec un line up parfait, mais cette fois on n’était franchement pas loin de la perfection !

Texte & photos : 19lapins

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